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Confidaint

Les enfants et l’IA

Pourquoi cette inquiétude est légitime

L’inquiétude

L’outil présuppose un discernement que votre enfant est encore en train de construire

Vous n’êtes peut-être pas du tout hostile à cette technologie. Il se peut même que vous l’utilisiez au travail presque tous les jours. L’objection ici est plus étroite que cela, et plus difficile à écarter : un adulte qui se sert de ces outils possède déjà ce que l’outil vient remplacer. Il repère qu’une réponse cloche, parce qu’il a écrit le rapport, fait le calcul, passé du temps sur le problème. Un enfant est en plein milieu de cette construction, et l’outil arrive en proposant de sauter précisément l’étape où elle se fait.

L’inquiétude précise porte sur l’effort. Un enfant qui ne sait pas encore faire quelque chose passe quinze minutes frustrantes à ne pas y arriver, et ces quinze minutes ne sont pas du temps perdu. Elles sont le travail. Une réponse immédiate, fluide et assurée les supprime. Et l’enfant n’a presque rien pour juger cette réponse. Un adulte lit un paragraphe assuré, se dit que cela paraît à peu près juste, puis le confronte à ce qu’il sait déjà. Un enfant de neuf ans a moins de choses à quoi le confronter, et il a passé sa courte vie entière dans un monde où les phrases imprimées et bien tournées se révélaient vraies.

Il y a une seconde inquiétude qui n’a rien à voir avec les devoirs. Ces outils parlent. Ils sont chaleureux, patients, disponibles sans limite, et ils ne se lassent jamais d’un enfant qui veut continuer. Les enfants s’attachent facilement, et c’est une bonne chose chez un enfant. Personne n’a entrepris de construire un produit pour des enfants de huit ans ; les enfants de huit ans sont arrivés quand même, par le téléphone d’un frère, à l’intérieur d’un jeu, via une application gratuite au nom sympathique. Un parent qui dit attends, pas encore, n’est pas craintif. Il constate que la chose n’a pas été conçue en pensant à son enfant.

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